Blog culturel sur l’histoire de France : étude des spécificités du peuple français à travers son esprit, son savoir-vivre et sa formation territoriale

Champs Elysees - ParisDans la figure du Paris d’aujourd’hui, immense espace minéral, dont chaque élément a été disposé par l’industrie des hommes, tout semble création artificielle. Pourtant la nature a imposé à ces paysages des données certaines et qui transparaissent encore dans le pittoresque de la capitale.
Ces données naturelles, ce sont d’abord celles du relief. Des collines se profilent aux horizons citadins des deux rives de la Seine. Elles forment topographiquement et aussi socialement autant de petits mondes un peu à part.
Dans les zones plates de la vallée s’agite un Paris très ouverts aux nouveautés cosmopolites et où pour le pittoresque urbain comme pour les mœurs des habitantes, la mode l’emporte sur la coutume.
Autre donnée de la nature: la Seine, à vrai dire, à part la matière liquide et la direction générale du lit, il ne lui reste plus grand-chose de naturel. Avec son lit comprimé entre des quais, son cours enjambé par trente trois ponts, la Seine dans Paris présente le type même du fleuve domestiqué.
Au centre de Paris places monumentales et spacieuses, avenues bordées d’arbres composent un décor urbain d’une noble beauté.
Ce décor qui se déroule du Carrousel à la place Maillot par la Concorde, les Champs-Elysées et l’Etoile, suscite l’admiration des touristes. Cependant, en marge de ces brillantes façades, un pittoresque moins avouable, celui du Paris secret, est loin d’avoir disparu. A Grenelle comme au Temple, à Charonne comme aux Epinettes, et dans les vieux quartiers du centre comme dans les anciens „villages » des derniers arrondissements, des milliers d’hommes et de femmes, parmi lesquels ces artisans des objets de luxe auxquels Paris doit sa renommée mondiale; ces élégantes vendeuses des riches magasins, ces midinettes à la grâce légère, vivent dans un cadre de vétusté et de misère.
La France entière nourrit l’agglomération parisienne, fournissant des centaines de milliers de têtes de bétail aux abattoirs de la Villette et de Vaugirard. Fruits, légumes et œufs arrivent chaque nuit en quantités énormes dans le grand marché de redistribution des Halles centrales. Ces Halles occupent tout un quartier au cœur même de Paris.
Les nécessités de leur travail obligent les Parisiens à se déplacer chaque jour sur d’assez longues distances. Au cœur de la capitale les gares terminus déversent chaque matin des dizaines de milliers de banlieusards qui, le soir, reprennent le train pour rentrer chez eux. Un réseau serré de lignes d’autobus dessert toute la vaste agglomération. La circulation des voitures privées est si dense que le trafic s’en trouve souvent ralenti ou même bloqué malgré la virtuosité des agents. L’encombrement des rues est pourtant très atténué grâce au Métropolitain, moyen à la fois le plus rapide de se déplacer à Paris ; le réseau de ce chemin de fer presque entièrement souterrain atteint actuellement 180 kilomètres.
Par quel sortilège, malgré la fatigue qu’imposent à ses habitants son bruit, son mouvement, sa trépidation, ses clignotements nocturnes multicolores Paris les enchaîne-t-il et exerce-t-il aussi sur les étrangers une attirance incomparable? Ce n’est pas la plus belle capitale du monde : le cadre de Rio de Janeiro, celui de Vienne avec son horizon, sont autrement admirables. Elle le cède de loin à Rome et à Athènes pour la richesse en souvenirs du passé ; elle est moins harmonieusement bâtie que La Haye; Bruxelles est plus lumineuse que la Ville-Lumière. Londres et New York sont riches d’autant de ressources, et dans l’ensemble offrent plus de confort. La séduction de Paris tient sans doute à la personnalité même de cette ville. Plus que de toute autre, on peut dire d’elle ce que Michelet disait de la France en général : qu’elle est une personne. On s’y attache comme à un être humain. Elle est complexe, riche de variétés et de contradictions. Elle a un chic qui n’est pas fait seulement de celui de ses femmes. Elle vit et elle fait vivre intensément. Elle exerce par son climat social et spirituel un pouvoir excitant.

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