Blog culturel sur l’histoire de France : étude des spécificités du peuple français à travers son esprit, son savoir-vivre et sa formation territoriale

L'Ile-de-FranceLa France, ce fut d’abord cette Ile-de-France que forment la Seins et ses affluents, la Marnas, l’Oise et l’Aisne : pays aux vallées verdoyantes, riche en magnifiques forêts, en paysages dont les lignes sobres et classiques, la lumière fine et tendre ont inspiré tant de peintres et de poètes, pays tout parsemé d’églises et de cathédrales, de châteaux, de souvenirs du passé, et qui conserve encore, malgré l’envahissement de l’industrie et de l’urbanisation, un charme pénétrant. Cette province n’est peut-être pas la plus pittoresque des provinces françaises, mais elle est la plus importante. Le dialecte qu’on y parlait jadis est devenu la langue nationale ; les seigneurs de l’Ile-de-France sont devenus les rois de la France entière.
L’Ile-de France constitue le cadre naturel où s’est épanoui dès l’origine de Paris et tout le long de son histoire, sauf en de rares périodes, le meilleur de la civilisation française. Aussi est-elle comme le miroir agrandi de ses joies et de ses peines, de ses fêtes et de ses épreuves.
Les ruines de mainte abbaye, Royaumont, Chaalis, les Vaux de Cernay, Port-Royal, témoignent encore aujourd’hui d’une spiritualité dont Paris fut un des plus vivants foyers et de la munificence des donateurs, non moins que cette floraison d’humbles églises romanes qui veillent presque sur chaque village et de vastes édifices gothiques dont la silhouette domine les paysages urbains.
Un peu partout aussi, des châteaux, enclos de parcs à l’ordonnance classique, des plus simples aux plus fastueux: Ermenonville, Vaux-le-Vicomte, Coutances, Dampierre, les Mesnils, la Roche-Guyon, Rosny-sur-Seine, etc. — évoquent les fastes d’une société aristocratique qui savait jouir des « champs », à condition du transporter ses plaisirs et ses jeux.
Ce sont enfin de grands domaines royaux ou princiers, les châteaux qui virent tant de naissances et de morts, où passèrent tant d’hôtes illustres et où s’est faite en grande partie l’histoire de la France : Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, Compiègne, Chantilly, Rambouillet, la Malmaison et surtout Versailles.
Aujourd’hui Beauvais a secoué sa torpeur, et cherche à reprendre la place qu’elle occupait jadis. La manufacture nationale a pris un nouvel essor et de ses ateliers sortent des tapisseries d’art très appréciées.
Des usines se sont développées au delà des anciens murs, des manufactures ont été fondées et des cités ouvrières modernes sont en train d’être bâties.
Autrefois, de nombreux cours d’eau sillonnaient la ville. Aujourd’hui, ces eaux sont couvertes, la circulation et la salubrité de la ville en ont été sensiblement améliorées, mais le pittoresque y a perdu.
Dominant toute la ville se dresse la masse imposante d’une cathédrale. Telle qu’elle est, la plus haute de France, avec son chœur unique au monde, ses incomparables vitraux du XIIIe siècle, ses portes monumentales, œuvre du génie local et enfin ses magnifiques tapisseries, elle attire un nombre toujours croissant d’admirateurs.
Parmi les souvenirs historiques qui se rattachent à Beauvais, il en est un resté extrêmement populaire, et que la ville fidèle et reconnaissante, commémore chaque année, suivant une glorieuse tradition, qui s’est perpétuée à travers les âges. Elle fête l’anniversaire de sa lutte victorieuse contre l’armée de Charles le Téméraire rendant ainsi un perpétuel hommage à l’héroïsme de Jeanne Hachette et à la vaillance de tous les habitants qui sauvèrent la ville.
En 1472, le duc de Bourgogne, ennemi du roi de France, vint à la tête d’une armée de quatre-vingt mille hommes, mettre le siège devant Beauvais qui n’avait à opposer à l’assaillant qu’une défense de fortune: quelques gens de métier, une milice bourgeoise, et avec elle quelques hommes, nullement exercés au métier des armes, des prêtres, des moines, des femmes et des enfants. Du 27 juin au 22 juillet, les Bourguignons livrèrent trois assauts contre la ville qui refusant de se rendre, avait décidé de résister jusqu’au bout. Les femmes se firent remarquer par leur courage, ravitaillant les défenseurs, versant sur les assiégeants, du haut des remparts, de la chaux vive, de l’huile bouillante et de la poix fondue.
C’est alors qu’au cours de la lutte, une jeune fille, Jeanne Lainé, depuis surnommée Jeanne Hachette, à cause d’une hache qu’elle tenait à la main pour se défendre, s’empara de l’étendard qu’un Bourguignon allait planter sur le rempart. L’héroïsme de la jeune fille exalta le courage des défenseurs, et l’assaut devint tellement meurtrier qi e Charles le Téméraire fit sonner la retraite et emmena son armée vers la Normandie. La fortune du duc de Bourgogne semble avoir été brisée par cet échec dont il ne se releva jamais.

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