Blog culturel sur l’histoire de France : étude des spécificités du peuple français à travers son esprit, son savoir-vivre et sa formation territoriale

SancyUne randonnée d’une cinquantaine de kilomètres à travers la montagne rocheuse conduit au Puy de Sancy, le point le plus élevé du centre de la France, à 1886 mètres d’altitude. Ce sont tour à tour des plateaux et des défilés, d’étroites vallées avec des étangs, des villages; ici une lande, là une de ces coulées refroidies, hérissées de roches noirâtres où n’a pu grandir aucune végétation et, à côté, une oasis de sapin et de mélèzes toujours verts.
Grimper au Sancy n’est pas bien difficile ; du sommet la vue est belle et s’étend fort loin, puisque par temps clair on peut apercevoir les Alpes.
Deux stations aux sources célèbres s’épanouissent au pied du Sancy. La première, le Mont Dore que les guides appellent « le paradis des asthmatiques », est située à 1050 mètres d’altitude, dans un cirque grandiose, entouré des monts les plus hauts de la France centrale. Les orateurs, les prédicateurs, les chanteurs, les acteurs, tous ceux enfin qui ont besoin de soigner leur voix, viennent au Mont-Dore.
L’aspect des rues de ce village à six heures du matin, pendant les trois mois que dure la saison, ne manque pas de pittoresque. Toutes conduisent à l’Etablissement et sont remplies de gens bien emmitouflés, enveloppés de châles et de cache-nez, les pieds dans des sabots de bois. Puis d’une ruelle étroite ou de la porte d’un hôtel, on voit surgir une chaise à porteurs, tout comme au XVIIe siècle, sauf que les porteurs sont de robustes montagnards sans livrée. Tout ce monde se dirige vers les salles d’inhalation, et les pli s faibles se font porter de leur chambre à la porte de la salle. On entre dans une haute pièce remplie d’une buée épaisse, sorte de brouillard chaud, incolore dans lequel se meuvent de blancs fantômes.
Quelques-uns sont assis autour des bouches de vapeur, d’autres se gargarisent, tandis qu’on entend résonner sur les dalles humides les sabots des fantômes qui se promènent.
Une heure plus tard, on voit tous ces baigneurs sortir de l’Etablissement plus emmitouflés encore qu’à l’aller, tant les refroidissements sont à craindre après les inhalations, les bains et les douches. Aussi rapidement que possible ils regagnent leur chambre où une soubrette réchauffe le lit dans lequel ils doivent retourner afin de se reposer quelques heures après le traitement fatigant qu’ils viennent de subir.
A deux cents mètres au-dessus du Mont-Dore s’étale l’élégante Station de la Bourboule, qui jouit d’un climat plus tempéré que celui de sa voisine. On voit beaucoup d’enfants jouer dans les parcs de la ville et dans les jardins des hôtels. En effet, les eaux des sources guérissent les suites de rougeole, de coqueluche, de scarlatine, de toutes les maladies de l’enfance, ainsi que les affections pulmonaires légères. Elles sont un merveilleux stimulant pour l’organisme débilité. Certaines de ces eaux sortent de la terre à une température de soixante degrés, avec un débit de quatre cents litres à la minute. Quelques sources froides sont utilisées pour tempérer les eaux trop chaudes. On affirme que les eaux de la Bourboule sont les plus radioactives de France.
L’Auvergne et les pays environnants possèdent beaucoup d’autres stations thermales. La publicité, qui prend une place de plus en plus importante, met en vedette telle ou telle source inconnue il y a dix ans.
Il n’est plus de maux que les eaux ne guérissent. Et sur certaines affiches, sur certains prospectus, on peut lire ces appels:
« Vous tous qui souffrez, que ce soit de rhumatisme ou de névralgies, d’affections du cœur ou du cerveau, de l’estomac ou de l’intestin, du foie ou des reins, venez chez nous, à nos sources bienfaisantes, vous y boirez la santé et la vie! »
Avec pareille panacée, on s’étonne qu’il y ait encore des malades !

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