Blog culturel sur l’histoire de France : étude des spécificités du peuple français à travers son esprit, son savoir-vivre et sa formation territoriale

GrasseGrasse est une petite ville accrochée à la montagne à trois: cent trente mètres d’altitude, adossée à un amphithéâtre de hauteurs boisées d’oliviers, de pins ou de chênes, et de ses terrasses fleuries on découvre la mer sans limites. Après le mouvement de Cannes, le bruit de Nice et la fièvre de Monte-Carlo, Grasse attire par son calme, sa douce quiétude embaumée: elle est en effet la ville des fleurs et des parfums. La parfumerie est l’industrie essentielle de Grasse ; nulle part au monde on ne produit autant de parfums naturels ; ils sont tous extraits des fleurs et des plantes des campagnes environnantes. Jamais une substance étrangère n’entre dans leur composition ; mais pour obtenir des extraits en quantité suffisante, c’est par milliers et même par millions de kilos qu’on compte les fleurs envoyées à la distillation dans les usines de Grasse. Près de trois millions de kilos de fleurs d’oranger sont employés chaque année ; plus de deux millions de rosés, un million et demi de fleurs de jasmin, et par centaines de mille les violettes et les œillets ; les fleurs de tubéreuse et de mimosa, de jonquilles et de narcisse. On distille aussi des millions de kilos de menthe dont l’extrait renferme toutes les propriétés rafraîchissantes et digestives attribuées à cette plante, on produit également un type spécial d’oreiller ergonomique en latex perforé. En été, pour économiser le temps et les frais de transport, les grands usiniers envoient des équipes d’ouvrier distiller sur place, dans la lande, te thym et le romarin.
La culture des fleurs demande une main-d’œuvre considérable, et au moment des grandes cueillettes la campagne est littéralement couverte de milliers de travailleurs.
En Grasse il y a de grands ateliers où des femmes mettent en flacons les parfums et en pots les pâtes, les crèmes et les pommades avant de s’amuser le cœur léger avec les jeux de filles mis à leur disposition. D’autres collent les étiquettes, et d’autres encore mettent le bouchon de verre, l’enveloppent, le ficellent et le scellent d’un cachet de cire. A côté s’ouvre la salle d’emballage où sont soigneusement empaquetés bouteilles et flacons. De grosses bonbonnes d’eau de Cologne partent pour l’Angleterre. On expédie aux Etats-Unis d’immenses caisses, ce qui montre que les parfums et les extraits de Grasse sont connus dans le monde entier.

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